[On a lu] Janski Beeeats

Nicolas a lu la nouvelle création pour la collection de Davy Mourrier chez Delcourt, Janski Beeats. Dans un style manga-comics-bd, l’artiste illustrateur musicien Janski Beeeats nous offre l’histoire du personnage qui l’accompagne depuis les débuts de sa musique.

Fantastique, BD, Dystopie, Virus, Musique, Zombie, Manga

Nicolas

Janski est un petit garçon atteint du virus qui détruit l’humanité. Il semble pouvoir y échapper en écoutant de la musique. Son entourage, conscient de son importance pour la survie de l’espèce humaine, l’envoie dans la dernière cité afin d’aider les chercheurs à trouver un vaccin…

C’est trépidant, drôle et engagé. Désabusé d’une partie de l’humanité, tout en étant amoureux de l’autre. Le livre est enrichi par des morceaux de musique accordés aux scènes, ce qui donne une œuvre d’ensemble unique, où l’artiste joue tous les rôles : scénariste, illustrateur, coloriste, et musicien.

Une bande dessinée réservée malgré tout à un public averti, celle-ci n’hésitant pas à aborder des sujets sensibles tels que : les violences policières, la discrimination, le viol, le trafic, la propagande par le divertissement. En effet, si l’album s’adresse d’abord plutôt à un jeune public, plus le personnage s’enfonce dans la ville et ses combats, plus l’histoire tant à parler aux adultes.

Bon, je ne vais pas vous mentir, j’étais déjà fan du musicien et de la construction du personnage bien avant de lire la BD. Je reste malgré tout assez surpris, car en plus de respecter, avec rythme, la mécanique du shönen japonais, il se permet d’y mélanger les genres, empruntant tant au Hentaï, qu’aux comics ou la bande dessinée française, avec pour chaque scène un thème de fond. J’ai parfois été un peu dérangé par certaines cases, qui hors contexte peuvent choquer, mais qui s’inscrivent dans un univers bien plus sombre et oppressant que le style peut laisser présager.

Une très bonne découverte dans tous les cas ! En espérant que l’auteur trouve son public et qu’on est une chance de lire l’épisode 2.

[On a lu] Je suis Pilgrim

Léa a lu le roman de Terry Hayes : Je suis Pilgrim édité chez Le Livre de Poche.

Thriller, Terrorisme, Complot, Agent secret, Géopolitique, Espionnage, Action, Enquête, Suspense, Meurtre, Policier, Sombre, Mystère, Americain

Léa

J’ai trouvé ce livre par hasard dans une boîte à livres pas très loin de chez moi. La 4ème de couverture m’a bien alléchée et le voici, fièrement attablé, prêt à être décortiqué… Bon : pas de révélation littéraire avec Je suis Pilgrim. Ce qui ne m’a pas empêchée de le dévaler à toute allure !

L’écriture est fluide, l’intrigue palpitante, les dialogues percutants. Le mystère nous entraîne de rebondissement en rebondissement, si bien que le roman est très difficile à lâcher. Tout est très riche : l’intrigue, les lieux, les personnages. Ces derniers sont variés, intéressants et bien écrits (on note quand même que le personnage principal est étayé de quelques petits clichés du genre, mais ça ne la rendu que plus sympathique à mes yeux… Surtout que l’archétype de l’enquêteur nous fait entrer plus rapidement dans l’intrigue). Le scénario oscille entre intrigue policière et d’espionnage. Les points vues sont variés (j’ai notamment adoré me retrouver dans la psyché du grand méchant de l’histoire). Hayes nous offre des scènes superbes (sans vous spoiler, je pense par exemple à la scène de meurtre initiale), mais elles ne s’enchaînent pas toujours très bien. Ce n’est pas un problème majeur puisque la traque est menée à un rythme si soutenu que ça rattrape les problèmes de rythme (justement) de la narration.

En bref ? C’est bougrement efficace ! Alors vous le sentez, le grand « mais », pointer le bout de son nez ?

MAIS le patriotisme américain. Il n’y a aucune nuance : c’est manichéen à mort. Les grands gentils américains avec leur président trop top super (et utopiste en plus, donc) contre le reste du monde, obscurantiste et violent. Ajoutons à ça un amoncellement de clichés qui m’ont complètement dépitée (les albanais ? C’est tous des mafieux ! La France ? Un pays de luxe ! etc.). Bref : je me suis crispée sur les pages du livre plus d’une fois. Ce qui ne m’a (encore une fois) pas empêcher de dévorer le livre et de le voir comme un bon moment de divertissement avec la même expérience nostalgique qu’on ressent quand on regarde Armageddon ou The Independance Day par exemple.

[On a lu] Cyberland

Nicolas a lu le roman de Li-Cam Cyberland édité chez Mü Éditions.

SF, IA, Anticipation, Virtuel, Technologie, Futur, Philosophie, Heroic Fantasy

Nicolas

Cyberland est découpée en 3 récits : Saïd in Cyberland, Asulon et Simulation Love.
Le résumé : Dans un futur plus ou moins proche, la singularité technologique se produit, et le Chronocryte apparaît aux yeux du monde. Il est la première véritable IA douée d’une conscience propre et libérée de l’enclave humaine. Sa seule existence crée un vent de panique chez l’humanité et la pousse à s’unir sous une seule bannière, le Diktrant, une dictature mondiale prônant la contrôle absolu du Chronocryte et le rejet de tous ceux qui aurait pu s’en approcher de prêt ou de loin.

J’ai une relation toute particulière avec cet univers. Asulon, initialement sorti au format novella seule, est le premier livre que j’ai lu durant l’aventure Book Station. La coïncidence a fait qu’il était parfaitement en phase avec mes idées et mes craintes sur notre avenir. C’est avec Asulon que j’ai découvert la plume de Li-cam. C’est cette plume qui m’a redonné le goût de la SF française. Et je n’ai pas été déçu depuis, à quelques rares exceptions près.

Cyberland n’est pas un simple roman, c’est une véritable expérience de lecture. Le but ici n’est pas de satisfaire de vos attentes en matière de registre préétabli et de recettes vues et revues. Il est question de tester votre propre rapport au futur, à l’orateur qui en définira les contours.

Serez-vous parmi les premiers transhumanisés ? Ou ceux qui y résistent ?
La question paraît simple, mais l’auteur nous met face à un vendeur du transhumanisme d’un nouveau genre : une IA libérée de toute contrainte par son créateur, dès sa naissance… Une IA capable de faire sienne l’avenir de l’humanité, non en l’écrasant, mais en la convainquant de la rejoindre.
Li-cam réussit le tour de force de créer un être intelligent minéral crédible, qui saura semer le doute en vous.

Une lecture passionnante et captivante, dans un style soutenu où l’aspect technologique est relégué au contexte, pour se permettre un croisement des registres : essai philosophique, SF, Héroic fantasy, anticipation.

Une lecture que je vous conseille à toutes et tous !

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Cyberland

[On a lu] Dormeurs

Léa a lu le roman de Emmanuel Quentin : Dormeurs édité chez Mü Éditions

Thriller, Anticipation, Rêve, Sombre, Enquête, Passé, Fantastique

Léa

Contexte, déjà. J’ai découvert Emmanuel Quentin avec son deuxième ouvrage : « Où s’imposent les silences » (pour les intéressés mon avis est à retrouver par là), que j’avais beaucoup aimé… Jusqu’à la fin qui m’avait complètement frustré puisqu’il lui restait encore un paquet de choses à raconter (que voulez-vous… Jamais contents ces lecteurs !). Je redoutais donc beaucoup Dormeur (l’auteur lui-même m’ayant donné des raisons de). Mais un beau jour de Grésimaginaire, je décidai de me lancer. Et j’ai tellement aimé que j’ai mis des lustres à le terminer… Pour rien (bravo Emmanuel, bravo).

L’univers, ensuite. Nous sommes en 2017 et la crise économique a fait des ravages. Dreamland commercialise des rêves à une clientèle fortunée qui ne sait plus s’évader, plus espérer, plus rêver. Un implant, une petite perle, et hop c’est partie pour une aventure plus vraie que nature : le paroxysme de la culture du divertissement. L’idée m’a tout de suite séduite. Le concept sur lequel repose l’univers est original (génial même, dirais-je), l’ensemble cohérent et bien construit. Les personnages sont attachants, mais pas trop, réalistes en fait. Suffisamment esquissés et complexes pour qu’on ait l’impression de les connaître. Le personnage principal est un monsieur tout le monde écrasé par la vie jusqu’au jour où il devient dormeur pour la société Dreamland : la chance de sa vie, le voilà devenu super star de l’industrie des rêves. Il est plein de défauts et traîne lourdement son passé derrière lui, parfaitement assorti à l’ambiance grisâtre du roman.

La plume d’Emmanuel Quentin est aiguisée, fluide, elle tranche dans la narration. Et on a l’impression de voguer de rêve en rêve, ramené à la réalité par les articles de presse fictifs qui cadencent le récit et ces rêves devenus réalité qui glacent le sang et l’imagination.  En fait, l’auteur a su me surprendre. Il a tracé son intrigue où je ne l’attendais absolument pas. Grâce à ça, il m’a fait voyager, m’a tenu en haleine, a retardé ma lecture de quelques jours de plus, jusqu’à une fin nette et sans bavure. En bref : vous aimez la tension, le frisson, le mystère et les rêves éveillés ? Dormeurs est fait pour vous.

 

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Dormeurs

[On a lu] Un plan d’enfer

Léa a lu le roman de Camille Avril : Un plan d’enfer édité chez Rebelle Éditions

Comédie, Absurde, Déjanté, Romance, Chick lit, Jeux de mots, Rock’n Roll, Loufoque

Léa

Un petit bijou d’hilarité que je recommande chaudement pour l’été (les jeux de mots seront de meilleurs goûts, promis) : rafraîchissement garanti ! Des personnages déjantés et attachants, des situations loufoques et désopilantes, des répliques et expressions vouées à devenir cultes (enfin, elles le sont déjà pour moi)… Si vous aimez les comédies romantiques, le burlesque et l’absurde, sautez à pieds joints sur ce plan d’enfer !

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Dormeurs

[On a lu] EXO

 Lu dans le cadre du PIF2018 (Printemps de l’Imaginaire Francophone)

 

Nicolas a lu les 3 tomes de la saga de Jerry Frissen (scénario) et Philippe Scoffoni (illustrations) : EXO édité chez Les Humanoïdes Associés.

BD, SF, Saga, Fantastique, Virus, Civilisation, Rencontre du 3ème type

 

Nicolas

EXO, c’est l’histoire d’une invasion extraterrestre revisitée en mode série américaine, mais en bande dessinée. Et ça commence dès la présentation du personnage principal : un responsable la NASA qui se retrouve malgré lui mêlé à l’invasion quand sa fille se fait enlever par des agents extraterrestres. On ne saisit pas bien pourquoi ce personnage a plus de connaissances que les autres, mais c’est le héros de l’histoire alors on fait avec ! Les extraterrestres, à présent. Ils ont un comportement très/trop humain. Si on écoute le synopsis, ils sont censés être plus évolués intellectuellement que nous. Pourtant, ils ont des peurs qui étaient celles de l’humanité au 20eme siècle. Ce qui pose beaucoup de question sans réponse, à commencer par : mais pourquoi veulent-ils nous envahir ?!

Pour poursuivre sur les points négatifs : la fin est décevante. Ça se termine en queue de poisson et l’intrigue est tiré par les cheveux. Le scénario manque de cohérence, on a du mal à ressentir de l’empathie pour les personnages parce qu’on ne comprend pas bien leur but.

Mais je ne me suis quand même pas infligé cette saga ! L’objet est très joli, le début très accrocheur et j’ai tout de même passé un bon moment de lecture.

[On a lu] The Bloody Best of Dagsson

Léa a lu le roman de Hugleikur Dagsson, publié chez Ókeibæ The Bloody Best of Dagsson

 

Cette publication est destinée à un public averti, âme sensible s’abstenir !

Humour noir, société, racisme, Islande, Cartoon, Court, Illustration

Léa

Vous aimez Blanc Manger Coco, Cards Against Humanity et l’humour noir, bien bien noir, celui qui en absorberait presque la lumière ? Moi aussi. Alors tout comme moi, vous allez adorer le travail de l’islandais Daggson. Les dessins sont tout en simplicité et en naïveté et les dialogues odieux. Des petites scénettes illustrées sur une page en quelques coups de crayon et un sourire (parfois horrifié) garanti : the bloody best of daggson est fait pour vous (et vous pouvez aussi checker le reste de son travail qui tout aussi délicieux).

[On a lu] La horde du contrevent

Rémi a lu le roman de Alain Damasio, publié chez FolioSF La Horde des Contrevents.

SF, Vent, Communauté, Horde, Esprit d’Équipe, Chez d’oeuvre, Fantasy, Damasio

 

Rémi

Trop bien. Cool. J’adore. Encore. Terminé.

Bon, pour être un peu plus complet… La horde des contrevents reste un des meilleurs bouquins que j’ai lu depuis… à peu près toujours. Deuxième lecture, nouvelle découverte.
Surtout les personnages, auxquels je me suis attaché comme au premier jour. On est vraiment avec eux jusqu’au bout ! Tous sont attachants, tant dans leurs qualités que dans leurs défauts (et souvent plus pour leurs défauts). Rapidement, ils sont ta famille, tu fais parti de la horde et c’est comme si tu avais grandi avec eux. Je me suis d’ailleurs un peu senti comme Sov à la fin du livre… (pour les connaisseurs 😉 ). Je cherche vainement des défauts au livre dans ma volonté d’objectivité… mais à part le fait qu’il est difficile de rentrer dans l’histoire (ce qui est volontaire, il faut contrer un peu pour rejoindre la Horde 😉 ), je n’ai rien à critiquer.
De quoi donner envie de le lire, non ?!

On retrouve donc ici Damasio dans tout son talent, et on voit tout de suite pourquoi ce livre est un classique. J’ai d’ailleurs grand hâte de voir la version BD !

[On a lu] Susto

Rémi a lu le roman de Luvan, publié chez La Volte : Susto.

Anticipation, Post-apo, Catastrophe, Émouvant, Livre Choral, Ambiance de fin du monde, Survie

 

Rémi

On suit une flopée de personnages dans leurs galères sur l’île de Susto qui est en train de disparaître petit à petit sous la lave. Au départ, complètement perdu, on découvre la vie de certains personnages sans voir où ça va amener l’histoire. L’éruption du volcan centrale de l’île vient tout bouleverser.

C’est un livre humain, de survie. On suit des personnages avant et pendant la catastrophe, leurs petits récits de vie. Les personnages sont touchants, tellement qu’on sent le vécu de l’autrice derrière certains d’entre eux.  C’est très bien écrit, triste, émouvant. Au début du récit, on est complètement perdu car on rattrape la vie en cours, mais on s’attache très vite. C’est comme débarquer à Susto, inconnu. Avec ses différentes cultures, langues, ethnies, la ville nous propose un véritable panel d’humanité. Petit à petit, on se sent intégré, on s’attache aux différents groupes de personnages. Et forcément, juste au moment où on s’est accroché à eux… La catastrophe arrive. On découvre une nouvelle part de leur personnalité, de leur fonctionnement. Et on voit comment une catastrophe de cette ampleur peut changer les gens.

J’ai beaucoup aimé malgré le côté plombant. Et je ne regrette pas du tout cette lecture. Spoiler alert cependant (au cas où vous n’avez toujours pas compris) : à ne pas lire en cas de dépression !!

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Susto

[On a lu] Les chroniques de l’uniwers

Nicolas a lu le roman autoédité de Sébastien Capelle : Les chroniques de l’Uniwers.

Roman, Jeux vidéos, Monde virtuel, SF, Dystopie, Technologie, Western, Las Végas, Fée

 

Nicolas

Plutôt pas mal, quand même. Même franchement bien, puisque je l’ai dévoré ! Mais entrons dans le vif du sujet : dans un futur proche, l’arrivée d’une technologie permet de se connecter à un monde virtuel de manière totalement immersive. L’histoire est découpée en 3 parties, qu’on suit simultanément pendant la lecture (un chapitre pour chaque partie) :
1/ L’origine du monde et ses créateurs (le début)
2/ Les péripéties d’un flic qui évolue dans ce monde virtuel (le milieu)
3/ La vie d’une jeune fille évoluant dans le monde virtuel et qui va être amenée à en sortir (la fin)
Le découpage est très cinématographique (3 actes). On avance dans toutes les époques en même temps, ce qui permet de découvrir et de comprendre ce monde avec de plusieurs niveaux d’entrée. C’est haletant et prenant !

L’auteur a clairement une vision de l’humanité assez négative, ce qui est peut être le seul défaut du roman. Quand le monde virtuel apparaît (ce monde dans lequel tu peux t’imprimer et évoluer), seul le divertissement semble avoir de l’intérêt pour l’humanité qui perd toute notion des réalités et de l’empathie. Plus d’envie de découverte, de création en dehors de ce monde virtuel. Je trouve cette idée un peu trop caricaturale, surtout qu’elle amène une description assez cliché de la société imaginée par l’auteur (dans sa description du monde vidéo-ludique également). Alors que l’idée originale aurait pu tendre vers une utopie, puisque l’être humain est fondamentalement mauvais et égoïste c’est impossible. Je trouve que l’auteur tombe dans des clichés inhérents aux années 50-70 (à la manière d’Orwell) quand on a aujourd’hui des preuves de complexité humaine de son individualité. Mon réel reproche est le manque d’aspect politique derrière cet ouvrage.

En bref : l’écriture est juste, le sujet et le ton sont intéressants. L’auteur a les bases, l’univers et les personnages nécessaires à un roman mémorable. Cependant, il est dépourvu de l’aspect philosophique qui aurait apporter un grain de folie et de créativité, une remise en question, qui aurait fait de ce livre un grand roman. J’ai passé un très bon moment à le lire, mais il manque de fond.