[On a lu] Megalex

 Lu dans le cadre du PIF2018 (Printemps de l’Imaginaire Francophone)

 

Rémi a lu les 3 tomes de la BD de Alexandro Jodorowsky (scénariste) et Fred Beltran (illustrateur) : Mégalex édité chez Les Humanoïdes Associés.

BD, Dystopie, SF, Société, Émancipation

 

Rémi

Mégalex est la première BD que j’ai lue, j’avais 12 ans. Mais soyons clairs tout de suite : cette bande dessinée n’est pas du tout destinée aux enfants. Entre les violences physique (bonjour crânes éclatés) et morale qu’elle présente (avec un dessin superbe et fort détaillé), le monde de science-fiction dystopique où les masses sont abruties à coup de télévision, même si nourries et logées. À travers un trip métaphysique sur la société en général, Jodorowsky vient questionner notre rapport à l’autre, aux autres et au collectif. Un univers particulier que je ne recommanderai pas à n’importe qui et que j’ai vraiment beaucoup aimé.

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Pour en savoir plus sur nos lectures dans le cadre du PIF2018, c’est ici !

Printemps de l’Imaginaire Francophone : et hop !

 

[On a lu] Un bonheur insoutenable

Nicolas a lu le roman de Ira Levin : Un Bonheur Insoutenable édité chez J’ai Lu.

Roman, SF, Anticipation, Drogue, Dictature, Dystopie, Quête de liberté

 

Nicolas

Un Bonheur Insoutenable est dans la même lignée que le Meilleur des Mondes et 1984 (bien que sorti 20 ans après ce dernier), et c’est aussi celui qui m’a le moins plu. Je m’explique.

Pour commencer, je n’en avais jamais entendu parler avant qu’on me le mette dans les mains, et je pense qu’il y a une bonne raison à ça : le point de vue politique de l’auteur (anticommuniste) n’est pas du tout masqué. Il n’y aucune distanciation entre son opinion et son oeuvre, ce qui m’a profondément gêné. Au-delà de mon ressenti immédiat, je pense que c’est ce qui vieillit l’oeuvre (la Guerre Froide est derrière nous depuis un moment maintenant… !). Dès les premières pages du livre, on retrouve cette dichotomie. D’un côté, une société communiste où on drogue les citoyens dans le but d’atteindre l’égalité absolue, le bonheur pour tous. De l’autre, un monde libre qui prend les traits d’un état supra néo-libéral.

Pour compléter le tableau, j’ai eu beaucoup de mal à avoir de l’empathie pour les personnages. Ce symbole du Self-Made-Man, encensé aux USA, m’a complètement laissé de marbre. La lecture était intéressante, mais pas vraiment captivante donc.

Sur le même thème (et sûrement inspiré du livre d’ailleurs), j’ai largement préféré le film Equality, qui se concentre plus sur l’aspect dystopique et la quête d’identité. Et ça, je recommande.

[On a lu] Working Class – Heroic Fantasy

Léa a lu Working Class – Héroic Fantasy de Gee, une fiction publiée sur le net à retrouver juste là : grisebouille.net/wchf01/

Heroic Fantasy, Travail, Lutte sociale, Opprimés, Capitalisme, Politique, Magie

 

Léa

J’ai découvert cette fiction sur Twitter. Au hasard de mes pérégrinations, Gee annonçait la parution d’un nouveau chapitre. Ça m’a intrigué, je ne m’étais pas laissée happée par une fiction publiée sur Internet depuis un petit moment, j’ai décidé de lui laisser sa chance. Et j’ai tellement bien fait ! J’ai adoré. L’écriture des personnages, tout en défauts, tout en humanité. L’univers, reflet de nos problématiques sociétales actuelles à travers des rapports de race, de pouvoir, d’évolution, d’histoire. La parodie de la différence, son allégorie même… J’ai trouvé ça rafraîchissant et très juste. Réconfortant aussi, avec ce militantisme anarchiste qui fonctionne. Une utopie comme on aimerait bien en vivre, alors même qu’elle n’est pas traitée comme telle.

Chaque semaine, j’ai attendu la suite avec impatience. Parce que l’histoire et les personnages m’ont séduite, certes. Mais aussi parce que l’ensemble est traité avec intelligence, avec un regard politisé qui m’a donné à réfléchir. Et, en bonus surprise, l’utilisation de l’écriture inclusive avec une plume fluide, agréable, engagée. Elle n’a même pas eu le temps de me faire tiquer que je m’étais déjà habitué.

Bref, que du positif et une histoire que je recommande chaudement. Rafraîchissante, un peu effrayante, agréable à lire et surtout très amusante… À tenter donc !